Éducation thérapeutique de la douleur : savoir, c'est déjà soigner

Imaginez que vous ayez mal au dos depuis trois mois. On vous a donné des explications anatomiques, "hernie discale", "arthrose", "pincement". Ces explications vous ont laissé avec l'image d'un corps endommagé, fragile, dont vous devez vous méfier.
Maintenant imaginez qu'on vous explique autrement : que votre douleur n'est pas le reflet d'un dommage actif mais le signal d'un système nerveux hypersensibilisé, que ce système peut se recalibrer, que vous avez plus de prise sur la situation que vous ne le pensez.
Cette explication seule, sans technique manuelle, sans médicament, réduit la douleur. C'est ce que la recherche sur la Pain Neuroscience Education (PNE) démontre de façon répétée (Louw et al., 2016).
Qu'est-ce que l'ETP appliquée à la douleur ?
L'Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) est définie par l'OMS comme un processus centré sur le patient visant à lui permettre de gérer sa maladie et son traitement. Appliquée à la douleur, elle prend la forme de la Pain Neuroscience Education (PNE).
Une revue systématique de Louw et al. (2016) portant sur 13 essais randomisés contrôlés confirme que la PNE réduit la douleur auto-rapportée, diminue la catastrophisation, réduit la kinésiophobie, et améliore la capacité fonctionnelle et les résultats à long terme comparé à l'éducation anatomique classique.
Cette éducation est plus efficace que de dire au patient "vous avez une hernie en L4-L5", car comme l'explique l'article sur ce que votre IRM ne dit pas, cette information anatomique ne prédit ni votre douleur ni votre avenir fonctionnel.
Pourquoi ça marche : le mécanisme
Quand un patient comprend que sa douleur n'est pas le signe d'un dommage en cours, la menace perçue diminue. Or la menace perçue est l'un des principaux régulateurs du système nociceptif (Moseley, 2007). La douleur est une estimation du cerveau, et cette estimation est modifiable par l'information.
Cinq concepts clés que j'explique en consultation
1. La nociception n'est pas la douleur
Les nocicepteurs détectent des signaux potentiellement dangereux et les transmettent au cerveau. Le cerveau décide ensuite si ces signaux justifient une douleur. On peut avoir une nociception sans douleur, et une douleur sans nociception active. Ce concept, développé sur la page principale douleur et mouvement, est la pierre angulaire de l'ETP.
2. Le contexte module tout
La même douleur de dos fait plus mal un lundi matin après une mauvaise nuit que
le samedi après-midi sur la plage de Saint-Lunaire. Le contexte de sécurité inhibe la production de douleur. L'article sur le rôle du stress développe ce mécanisme en détail.
3. La sensibilisation centrale est réversible
Un système nerveux hypersensibilisé peut se recalibrer. C'est la base sur laquelle travaillent aussi les TCC, la sophrologie et l'hypnose clinique.
4. Le mouvement est informatif, pas dangereux
Bouger envoie au cerveau des signaux proprioceptifs qui court-circuitent les signaux nociceptifs. C'est pour ça que le repos strict est contre-productif.
5. Les croyances influencent les résultats
Que ce soit par rapport à l'arthrose, aux vertèbres déplacées ou au bassin décalé : moins le patient pense que son corps est fragile, mieux il guérit.
En consultation à Pleurtuit

Je consacre toujours une partie de la première consultation à l'explication. Pas un cours magistral, une conversation. Le but n'est pas de convaincre mais d'ouvrir une porte.
Pour les patients de Dinard, Saint-Malo ou Dinan qui arrivent avec des comptes-rendus IRM inquiétants, c'est souvent la partie la plus utile de la séance. Pour les femmes enceintes, l'ETP sur la douleur pelvienne a une importance particulière. Pour les nourrissons et bébés, l'ETP s'adresse aux parents.
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📍 Cabinet Florent Noyelle, 2 rue de la Perrière, 35730 Pleurtuit
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📚 Références scientifiques
1. Louw A, Zimney K, Puentedura EJ, Diener I (2016). The efficacy of pain neuroscience education on musculoskeletal pain. Physiotherapy Theory and Practice, 32(5):332-355. DOI: 10.1080/09593985.2016.1194646
2. Moseley GL (2007). Reconceptualising pain according to modern pain science. Physical Therapy Reviews, 12(3):169-178. DOI: 10.1179/108331907X223010
3. Moseley GL & Butler DS (2015). Fifteen years of explaining pain. The Journal of Pain, 16(9):807-813. DOI: 10.1016/j.jpain.2015.05.005
4. Nijs J et al. (2011). How to explain central sensitization to patients. Manual Therapy, 16(5):413-418. DOI: 10.1016/j.math.2011.04.005
5. Puentedura EJ & Flynn T (2016). Combining manual therapy with pain neuroscience education. Physiotherapy Theory and Practice, 32(5):408-414. DOI: 10.1080/09593985.2016.1194663
6. Darlow B et al. (2013). The enduring impact of what clinicians say to people with low back pain. Annals of Family Medicine, 11(6):527-534. DOI: 10.1370/afm.1518
Florent Noyelle, Ostéopathe D.O., DU Ostéopathie du Sport INSEP 2017, CES Ostéopathie Pédiatrique, Pleurtuit (35730)
En savoir plus : le cabinet d'ostéopathie à Pleurtuit et l'approche du praticien.



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