
Troubles musculo-squelettiques : derrière le sigle TMS, des réalités très concrètes. Une nuque qui serre après une journée d'écran. Un poignet qui fourmille la nuit. Un dos qui proteste après la manutention. Les TMS touchent les muscles, les tendons et les articulations, et ils représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues en France (INRS). C'est, de loin, la première cause.
Cette page s'adresse aux salariés, aux indépendants et aux employeurs du bassin Saint-Malo, Dinard, Pleurtuit. Vous y trouverez ce que sont les TMS, ce qui les favorise vraiment, ce que la recherche soutient pour les prévenir, et comment je vous accompagne au cabinet.
Qu'est-ce qu'un TMS, concrètement ?
Un TMS est une atteinte des muscles, des tendons ou des nerfs, qui s'exprime au travail ou après. Douleur, raideur, perte de force, fourmillements : les signes varient selon la zone. Au début, la gêne apparaît en fin de journée et disparaît au repos. Si rien ne change, elle peut s'installer et finir par compliquer des gestes simples.
Un point me semble essentiel : un TMS n'a jamais une cause unique. L'INRS, l'organisme français de référence en prévention des risques professionnels, est clair là-dessus : gestes et postures, organisation du travail, stress et facteurs individuels se combinent, et aucun de ces facteurs n'agit isolément. Le stress n'est pas « dans la tête » : il amplifie la perception de la douleur.
Deux repères pour la suite. D'abord, certains signaux imposent un avis médical sans attendre : c'est le médecin qui écarte les causes graves avant tout accompagnement (HAS 2019). Ensuite, plus on agit tôt, plus il est simple de modifier ce qui entretient la gêne. Je développe tout cela dans ce que sont vraiment les TMS.
Les TMS les plus fréquents au travail
Le dos et les membres supérieurs concentrent l'essentiel des TMS (INRS). Voici les cinq situations que je rencontre le plus souvent au cabinet, entre Saint-Malo et Dinard.
Bas du dos et port de charges
La lombalgie est le TMS le plus courant chez celles et ceux qui portent : manutention, soin, artisanat, jardinage. Les contraintes physiques au travail augmentent bien le risque de douleurs lombaires durables, c'est mesuré (Jahn 2023). Mais l'effet est d'ampleur modérée : un facteur parmi d'autres, pas une fatalité mécanique. Et dans 90 % des cas, une lombalgie commune évolue favorablement en 4 à 6 semaines (HAS). Je fais le point sur ce que les études disent du port de charges, techniques de levage et ceintures lombaires comprises. Le bilan n'est pas celui qu'on croit.
Nuque et travail sur écran
Des heures face à l'écran, des épaules qui montent, une nuque qui tire en fin de journée. La cervicalgie du bureau est un motif de consultation très fréquent, télétravail compris. Ce n'est pas l'écran qui abîme : c'est l'immobilité prolongée, souvent aggravée par le stress. La hauteur de l'écran compte moins que le temps passé sans bouger. J'y consacre un article entier : la cervicalgie du travail sur écran.
Épaule et gestes répétitifs
Coiffure, bâtiment, conchyliculture, caisse : l'épaule paie les gestes répétés, surtout au-dessus du plan des épaules. Contrairement à l'image répandue, une épaule n'est pas « usée » par le geste : elle est dépassée quand la charge excède durablement sa capacité de récupération. Les recommandations privilégient une prise en charge active et progressive plutôt que l'immobilisation ou le repos complet. J'explique comprendre l'épaule face aux gestes répétitifs.
Coude : épicondylite
Le fameux tennis elbow, qui touche surtout des gens qui ne jouent pas au tennis : serrage, vissage, port répété, souris. La douleur siège sur la face externe du coude et gêne la préhension. Là encore, le repos total déçoit souvent : le tendon demande à être rechargé progressivement, pas mis sous cloche. L'épicondylite au travail fait le point.
Poignet et main : canal carpien
Fourmillements dans les doigts, la nuit ou au réveil, objets qui échappent des mains : le syndrome du canal carpien est la compression d'un nerf au poignet, fréquente dans les métiers à gestes répétitifs. Ici, une règle sans exception : le diagnostic relève du médecin, avec un examen spécifique si nécessaire, et c'est lui qui oriente, vers la chirurgie ou vers des approches non chirurgicales selon la situation. J'explique quand s'inquiéter de fourmillements dans la main.
Bureau et télétravail : ce qui compte vraiment
Si vous travaillez sur écran, on vous a sûrement déjà vendu LA bonne posture. Dos droit, angles à 90 degrés, écran à hauteur des yeux. Le problème, c'est que la science ne suit pas : une synthèse de 41 revues systématiques n'a trouvé aucun consensus démontrant que la posture cause la lombalgie (Swain 2020). La posture parfaite qui protégerait du mal de dos n'existe pas. Ce qui semble protéger, c'est la variation : la meilleure posture est la prochaine. J'ai consacré un article au mythe de la posture parfaite.
Le télétravail, lui, n'est ni coupable ni innocent. Les études récentes se contredisent ; ce qui ressort, c'est le poids du poste improvisé, l'ordinateur portable sur la table basse, et de l'organisation : horaires qui débordent, frontières floues entre travail et vie de famille (Fadel 2023, Alencar 2025). J'en parle dans télétravail et douleurs.
Et les pauses ? Les bureaux assis-debout et les pauses courtes réduisent le temps passé assis, mais les preuves d'un effet direct sur la douleur restent de faible qualité (revues Cochrane 2018 et 2019). Rompre l'immobilité est une piste raisonnable, pas un remède démontré. Mon protocole simple, effets honnêtement dosés : les pauses actives au bureau.
Ce que dit la recherche : bouger, varier, doser
S'il fallait résumer la littérature sur la prévention des TMS en une phrase : c'est l'exercice qui a les meilleures preuves. Dans la plus grande méta-analyse sur la prévention de la lombalgie (21 essais, plus de 30 000 participants), l'exercice, seul ou combiné à de l'information, réduit d'environ un tiers le risque d'un nouvel épisode (Steffens 2016). L'effet est réel mais modéré, et il s'estompe quand on arrête : je préfère vous le dire. Les dispositifs passifs, ceintures et semelles, n'ont pas fait leurs preuves. La HAS place d'ailleurs l'activité physique comme traitement principal de la lombalgie commune (2019). Pas le repos.
L'autre enseignement, c'est que la douleur ne se réduit pas à la mécanique. Le stress, le sommeil, la récupération pèsent dans la balance : c'est le modèle biopsychosocial, que je développe dans mon article sur la douleur chronique et le mouvement. Bouger, varier les positions, doser l'effort : voilà ce que la recherche soutient le mieux aujourd'hui.
Comment se passe une consultation prévention au cabinet
Une consultation prévention ressemble à une consultation classique, avec un objectif différent : agir avant que la gêne ne s'installe, ou éviter qu'elle revienne.
On commence par parler de votre travail. Pas seulement de votre poste : vos horaires, vos contraintes, votre sommeil, ce qui a changé récemment. J'évalue ensuite votre mobilité et votre force sur les zones concernées, puis vient la thérapie manuelle si elle est utile, toujours expliquée, toujours avec votre accord.
Surtout, vous ne repartez pas les mains vides : nous construisons ensemble un plan d'exercices adapté à votre situation, que vous retrouvez dans l'application ANDREW. Elle vous sert de feuille de route, me permet de suivre votre progression à distance et de répondre à vos questions entre deux rendez-vous.
Et je ne vous promets aucun résultat, parce que personne ne le peut sérieusement. Je m'engage sur la démarche : évaluer, expliquer, vous rendre autonome. La séance est à 60 euros, au cabinet de Pleurtuit, à quelques minutes de Dinard et de Saint-Malo.
Reprendre le travail avec une douleur
C'est l'une des questions les plus délicates : faut-il attendre de ne plus avoir mal pour reprendre ? Le réflexe du repos prolongé est compréhensible. Il est aussi, le plus souvent, contre-productif : plus l'arrêt dure, plus la reprise devient difficile, physiquement comme psychologiquement. Les recommandations françaises font de l'activité le traitement principal de la lombalgie commune (HAS 2019), et vont dans le sens d'un maintien ou d'une reprise d'activité adaptée plutôt que d'un évitement prolongé.
Reprendre ne veut pas dire serrer les dents. On adapte, on dose, on progresse, en lien avec votre médecin quand un arrêt est en cours. J'ai décrit cette logique dans mon article sur le mouvement comme levier contre les douleurs qui durent, et je détaillerai le sujet dans reprendre le travail avec une douleur.
Employeurs : prévention des TMS en entreprise à Saint-Malo et alentours
Si vous êtes employeur ou responsable RH dans le bassin de Saint-Malo, Dinard ou Dinan, vous connaissez le sujet : les TMS pèsent sur les arrêts et sur l'organisation des équipes. Je propose des interventions en entreprise : sensibilisation à la douleur et au mouvement, ateliers pratiques, échanges sur l'aménagement des postes.
Je préfère être direct : les preuves spécifiques sur ce type d'intervention restent limitées, et je ne vous annoncerai pas un pourcentage de TMS en moins. Ce que je vous propose, c'est une démarche fondée sur ce que la recherche soutient le mieux, le mouvement et l'implication des équipes, et une évaluation honnête de ce qu'elle produit chez vous. J'en dirai plus dans notre intervention de prévention en entreprise. Pour en parler : contactez-moi directement, par téléphone au 06 11 48 41 46 ou via la page contact du site.
Questions fréquentes sur les TMS
L'ostéopathie peut-elle guérir un TMS ?
Non, et méfiez-vous de quiconque vous le promet. Un TMS est multifactoriel : aucune technique ne le « répare » à elle seule. Ce que je peux faire : évaluer votre situation, soulager quand c'est possible, et surtout vous donner un plan d'action fondé sur ce que la recherche soutient, l'exercice en premier. L'objectif est votre autonomie, pas votre dépendance à mes séances.
Combien de séances faut-il ?
Il n'existe pas de forfait type, et je me méfie des plans de traitement à rallonge. En prévention, un bilan par an suffit souvent, parfois deux selon votre activité. Si une douleur est installée, on fait le point dès la première séance : la plupart du temps, quelques consultations espacées, avec des exercices entre chaque, font l'essentiel du travail.
Faut-il s'arrêter de travailler quand on a mal ?
Pas systématiquement, et rarement longtemps. L'arrêt complet prolongé est souvent contre-productif : la condition physique baisse et l'appréhension monte. Sauf contre-indication médicale, on cherche plutôt à maintenir une activité adaptée. Cette décision se prend avec votre médecin ; mon rôle est de vous aider à garder ou à retrouver le mouvement.
Dois-je passer une radio ou une IRM avant de consulter ?
Non, sauf si votre médecin le juge nécessaire. Et une image « anormale » n'est pas une condamnation : chez des personnes sans aucune douleur, plus d'un tiers présentent des signes de dégénérescence discale dès 20 ans, et presque toutes à 80 ans (Brinjikji 2015). L'image et la douleur ne se correspondent pas terme à terme ; la HAS le rappelle noir sur blanc.
Quand faut-il voir un médecin plutôt qu'un ostéopathe ?
Devant tout signal inhabituel : douleur qui réveille toutes les nuits, fièvre, perte de force ou de sensibilité, suite de traumatisme important. La règle est simple et je m'y tiens : c'est le médecin qui écarte les causes graves avant tout accompagnement (HAS). En cas de doute, je vous réoriente. C'est le signe d'une prise en charge sérieuse, pas d'un renvoi.
Prendre rendez-vous
Une gêne qui revient, une douleur qui s'installe, ou simplement l'envie de faire le point avant que ça coince : prenez rendez-vous sur Doctolib. Cabinet au 2 rue de la Perrière, 35730 Pleurtuit, entre Dinard et Saint-Malo. Séance : 60 euros.
Références citées sur la page
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INRS, dossier « Troubles musculosquelettiques » : ce qu'il faut retenir et facteurs de risque
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HAS, « Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune », 2019 : has-sante.fr
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Steffens D et al., JAMA Intern Med, 2016 : PMID 26752509
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Swain CTV et al., J Biomech, 2020 : PMID 31451200
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Jahn A et al., Scand J Work Environ Health, 2023 : PMID 37581384
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Fadel M et al., Int J Environ Res Public Health, 2023 : texte intégral
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Alencar MDCB et al., Work, 2025 : PMID 40297886
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Shrestha N et al., Cochrane, 2018 : texte intégral
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Parry SP et al., Cochrane, 2019 : texte intégral
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Brinjikji W et al., AJNR, 2015 : texte intégral

