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TMS : de quoi parle-t-on vraiment (et pourquoi ce n'est pas une fatalité)

Photo du rédacteur: Florent Noyelle
Florent Noyelle
25 août
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 24 heures

Artisan portant la main à son épaule douloureuse en fin de journée dans son atelier, symptôme fréquent de TMS

C'est vendredi, fin de journée. Votre épaule tire, comme la semaine dernière, comme celle d'avant. Le matin, ça va à peu près. Puis les heures passent, et la gêne s'installe. Vous avez entendu le mot TMS à la médecine du travail ou par un collègue, et vous vous posez trois questions : est-ce que mes symptômes correspondent, est-ce que c'est grave, est-ce que ça va empirer.


Prenons ces trois questions dans l'ordre. Sans jargon, et sans fatalisme.


Un TMS, c'est quoi concrètement ?


TMS veut dire trouble musculo-squelettique. Derrière le sigle, des affections qui touchent les muscles, les tendons et les articulations : une épaule qui coince, un coude qui brûle quand vous serrez un objet, des fourmillements dans la main, une nuque raide après une journée d'écran, un bas du dos qui proteste. Rien d'exotique. Ce sont les douleurs les plus banales du monde du travail.


Banales, mais massives : en France, les TMS représentent à eux seuls plus de 80 % des maladies professionnelles reconnues, de très loin la première cause (INRS). Si vous êtes concerné, vous êtes en large compagnie. Raison de plus pour comprendre ce qui se passe plutôt que de subir.


Les zones les plus touchées au travail


Cinq régions concentrent l'essentiel des TMS liés au travail :


  • le bas du dos, surtout quand le poste implique de porter des charges ;

  • la nuque, chez celles et ceux qui passent leurs journées sur écran ;

  • l'épaule, sollicitée par les gestes répétitifs ;

  • le coude, avec la fameuse épicondylite ;

  • le poignet et la main, jusqu'au syndrome du canal carpien.


Chacune de ces zones aura son article détaillé sur ce blog dans les semaines qui viennent. Ici, on pose le cadre commun : ce qui fait qu'un tendon, un muscle ou une articulation se met à protester, et ce qu'on peut y faire.


Les symptômes : ce qui doit vous mettre la puce à l'oreille


Un TMS ne débarque presque jamais d'un coup. Il s'installe.


Au début, c'est une gêne en fin de journée ou sur certains gestes, qui disparaît avec le repos du soir ou le week-end. Puis la douleur arrive plus tôt dans la journée, met plus de temps à partir, commence à déborder sur les nuits. Chez certains s'ajoutent une raideur au réveil, une perte de force, des fourmillements.


Cette progression n'a rien d'automatique. Ce n'est pas un compte à rebours vers l'aggravation, et je pèse mes mots : les formes débutantes évoluent très souvent bien quand on s'en occupe. Mais elle donne une information utile : plus vous agissez tôt, plus c'est simple. Attendre que ça passe tout seul pendant des mois, en continuant exactement pareil, est rarement une bonne stratégie.


Quand consulter un médecin sans attendre


Certaines situations sortent du cadre de cet article : douleur brutale et inhabituelle, fièvre ou altération de l'état général, douleur qui réveille systématiquement la nuit, perte de force nette, troubles de la sensibilité qui s'étendent. Cette liste n'est pas exhaustive et ne remplace pas un avis. La règle, posée par la Haute Autorité de Santé, est simple : c'est le médecin qui écarte d'abord les causes graves, ce qu'on appelle les drapeaux rouges, avant tout accompagnement non médicamenteux (HAS 2019).


Médecin traitant ou médecine du travail, selon votre situation. Si une origine professionnelle est probable, ce sont aussi eux qui vous orienteront sur le volet reconnaissance, avec l'Assurance Maladie. Mon accompagnement vient après ce cadrage, jamais à sa place.


D'où viennent les TMS ?


C'est la question qui fâche, parce que la réponse déçoit ceux qui cherchent un coupable unique. Il n'y en a pas.


L'INRS, l'organisme français de référence sur les risques professionnels, est très clair : les facteurs biomécaniques (efforts, postures maintenues, gestes répétés), les facteurs organisationnels (rythme, pauses, marges de manœuvre) et les facteurs psychosociaux (stress, tension au travail) se combinent, et aucun n'existe isolément. Le stress n'est pas « dans votre tête » : il amplifie la perception de la douleur et altère les mécanismes de réparation des tissus (INRS).


Les contraintes physiques comptent, évidemment. Une méta-analyse récente confirme que la manutention de charges, les postures contraignantes et les vibrations augmentent le risque de lombalgie durable (Jahn 2023). Mais l'ampleur de ces associations est modérée : de quoi expliquer une partie du problème, jamais tout. Votre corps n'est pas une machine qui s'use au contact du poste. C'est un système vivant qui s'adapte, à condition de pouvoir récupérer.


C'est ce qu'on appelle le modèle biopsychosocial, et c'est moins compliqué que son nom : votre douleur dépend de ce que votre corps encaisse, de ce qu'il récupère, et du contexte dans lequel tout ça se passe. Imaginez une balance. D'un côté la charge : les gestes, les heures, le stress. De l'autre la récupération : le sommeil, les pauses, l'activité physique qui entretient. Quand la balance penche trop longtemps du même côté, le corps proteste.


Schéma d'une balance entre charge de travail et récupération, illustrant l'origine multifactorielle des TMS
La douleur s'installe quand la balance penche durablement du côté de la charge.

Et donc vous pensez que votre poste est seul responsable ? Il y contribue probablement. Mais il n'est pas seul, et c'est plutôt une bonne nouvelle : ça multiplie les leviers d'action. La posture assise, d'ailleurs, n'est pas la coupable qu'on croit ; j'ai consacré un article entier au mythe de la posture parfaite.


Pourquoi ce n'est pas une fatalité


« C'est l'usure. À mon âge, c'est foutu. » J'entends cette phrase chaque semaine au cabinet, à Pleurtuit. Elle repose sur une image fausse : le corps comme une machine dont les pièces s'abîment à l'usage, sans retour possible.


Deux faits la contredisent.


Le premier : ce qu'on voit sur une image et ce qu'on ressent ne se correspondent pas terme à terme. Une revue systématique portant sur plus de 3 000 personnes qui n'ont mal nulle part le montre : les signes de dégénérescence discale sont présents chez 37 % des personnes de 20 ans, et jusqu'à 96 % à 80 ans (Brinjikji 2015). Autrement dit, à 50 ans, une majorité de gens sans aucune douleur ont déjà « de l'usure » sur leur IRM. La HAS le formule à sa manière : il n'y a pas de corrélation systématique entre les symptômes et les signes radiologiques (HAS 2019). Trouver de l'usure sur une image, ce n'est pas trouver la cause de la douleur.


Le second : les tissus s'adaptent. Un tendon ou un muscle se renforce quand on le charge progressivement, et se fragilise quand on ne lui demande plus rien. C'est le levier que la recherche a le mieux documenté : parmi tout ce qui a été testé pour prévenir les douleurs de dos, c'est l'exercice, seul ou accompagné d'information, qui a les meilleures preuves, avec environ un tiers de risque d'épisode en moins dans les essais (Steffens 2016). Effet réel, mais pas magique : il est modéré et il s'entretient. Les dispositifs passifs testés dans les mêmes essais, ceintures lombaires et semelles, n'ont pas fait leurs preuves.


Pour la lombalgie commune, la HAS va jusqu'à écrire que l'activité physique est le traitement principal, et rappelle que dans 90 % des cas l'évolution est favorable en 4 à 6 semaines (HAS 2019). Cette recommandation porte sur le bas du dos ; on ne peut pas la copier-coller sur l'épaule ou le poignet. Mais la logique de fond est celle que je développe dans mon article sur la douleur chronique et le mouvement : bouger et doser plutôt qu'éviter. C'est le mouvement comme médicament. Et comme un médicament, il se dose.


Concrètement, dès aujourd'hui : bougez plus souvent, variez vos positions, coupez les longues périodes immobiles par de courtes pauses en mouvement. Je détaillerai bientôt un format simple de pauses actives au bureau.


Ce qu'un ostéopathe EBP peut faire (et ne pas faire)


Soyons clairs sur les limites, parce que c'est comme ça que je travaille : les preuves spécifiques de l'efficacité de l'ostéopathie sur les TMS sont limitées. Je ne vous promets donc aucun résultat, et je me méfierais à votre place de ceux qui en promettent.


Voici ce que je propose au cabinet, dans le cadre de la prévention des TMS à Saint-Malo et Pleurtuit :


  • une évaluation complète : votre poste, vos gestes, votre sommeil, votre charge du moment, pas seulement la zone qui fait mal ;

  • de la thérapie manuelle quand elle est pertinente, pour moduler la douleur à court terme ;

  • surtout, un plan d'exercices progressifs adapté à votre situation, que je suis dans le temps via l'application ANDREW ;

  • une orientation vers votre médecin quand la situation le demande, sans attendre.


Mon vrai travail, il me semble, c'est de vous rendre autonome. Comprendre sa douleur est déjà un acte thérapeutique.


Questions fréquentes sur les TMS


Un TMS peut-il disparaître complètement ?

Beaucoup de TMS débutants évoluent favorablement quand on rééquilibre charge et récupération et qu'on réintroduit le mouvement progressivement. Les formes installées demandent plus de temps et un accompagnement plus structuré. Personne ne peut honnêtement vous garantir un résultat ; méfiez-vous de qui le fait.


Faut-il passer une radio ou une IRM pour un TMS ?

Pas systématiquement. Pour la lombalgie commune, la HAS déconseille l'imagerie en l'absence de signes d'alerte, justement parce que l'image ne dit pas d'où vient la douleur (HAS 2019). C'est votre médecin qui juge si un examen est utile dans votre cas.


Faut-il s'arrêter de travailler quand on a un TMS ?

Pas nécessairement, et pas n'importe comment : la décision se prend avec votre médecin, selon votre situation. Rester actif de façon adaptée est souvent préférable à un arrêt prolongé ; je consacrerai un article entier à la reprise du travail avec une douleur.


Et maintenant ?


Si une douleur liée au travail s'installe depuis des semaines, ne restez pas seul avec elle. Découvrez notre accompagnement de prévention des TMS entre Saint-Malo et Dinard, ou prenez rendez-vous au cabinet de Pleurtuit :



Florent Noyelle, Ostéopathe D.O., DU Ostéopathie du Sport INSEP 2017, CES Ostéopathie Pédiatrique, Pleurtuit (35730)


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LE CABINET

2 Rue de la perrière, 35730 Pleurtuit

Tarif: 60 euros

ADELI n° 590 001 434

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