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Tendinopathie : pourquoi la charge progressive guérit mieux que le repos

  • Photo du rédacteur: Florent Noyelle
    Florent Noyelle
  • 18 juin
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

tendon et douleur: soigner les tendinopathies à saint malo et Dinard

"Tendinite". Le mot est trompeur...

Il suggère une inflammation, donc du repos et de la glace. Mais pour les tendons chroniquement douloureux, c'est exactement ce qui prolonge le problème.


La recherche sur les tendinopathies a évolué considérablement depuis vingt ans. Ce qu'on sait maintenant : les tendons qui font mal depuis plusieurs semaines ne sont pas principalement enflammés.


Ils ont subi des modifications structurelles qui ne se résolvent que par une chose — une charge progressive et adaptée.


Ce qu'est vraiment une tendinopathie


Le terme "tendinopathie" a remplacé "tendinite" dans la littérature clinique pour une raison précise.

Les biopsies de tendons douloureux chroniques montrent l'absence de cellules inflammatoires. Ce qu'on trouve à la place : une désorganisation des fibres de collagène, une augmentation de la vascularisation locale (néovascularisation) et une dégénérescence tissulaire.


Ce n'est pas une blessure aiguë. C'est une réponse inadaptée du tendon à une charge qui dépasse sa capacité de régénération.


Les tendons les plus fréquemment touchés : tendon d'Achille (course à pied, sports à impacts), tendon rotulien (sports avec sauts et accélérations), coiffe des rotateurs (sports de lancer, natation, travaux au-dessus de la tête), épicondyle latéral (tennis elbow, saisissement répétitif).


Pourquoi le repos aggrave les tendons


Un tendon sollicité de façon appropriée s'adapte : il synthétise du collagène, réorganise ses fibres, augmente sa tolérance à la charge. Un tendon mis au repos perd cette capacité d'adaptation. Il atrophie progressivement et sa tolérance à la charge diminue.


Résultat : après plusieurs semaines de repos, le tendon est paradoxalement moins capable d'absorber une charge normale qu'avant l'arrêt. La reprise de l'activité déclenche une nouvelle douleur, souvent plus vive qu'au départ. C'est le cycle classique que je vois chaque semaine en consultation.


La gestion de la charge d'entraînement est au cœur du traitement tendineux : il faut maintenir une charge suffisante pour stimuler l'adaptation, sans dépasser la capacité de récupération du tendon.


La charge isométrique : premier outil


Le travail isométrique (contraction musculaire sans mouvement articulaire) est la première étape du traitement des tendinopathies. Il a deux effets documentés : il réduit la douleur tendinopathique dans les 24 à 48 heures suivant l'exercice, et il commence à stimuler la synthèse de collagène.


Concrètement pour le tendon d'Achille : tenir une contraction de mollet en appui sur une marche pendant 30 à 45 secondes, répétée plusieurs fois. Simple en apparence, mais cliniquement efficace.


La charge excentrique : le standard de référence


Le travail excentrique — contraction musculaire pendant l'allongement du muscle — est depuis les années 1990 le traitement conservateur le mieux validé pour les tendinopathies chroniques. Il consiste à charger le tendon pendant la phase de descente du mouvement.


Pour le tendon d'Achille : descente lente du talon en dessous du niveau d'appui, sur une marche. Pour le tendon rotulien : descente lente en squat sur plan incliné.


L'effet : les contraintes mécaniques créées pendant l'excentrique stimulent les ténocytes à produire du collagène de type I — le collagène structurel qui reconstitue l'architecture du tendon.


La progression complète en quatre étapes


Je travaille avec une progression des exercices en quatre phases pour les tendinopathies :


Phase 1 — Isométrique : réduction de la douleur, première stimulation du tendon. 3 à 4 semaines.


Phase 2 — Excentrique/concentrique lent : chargement progressif du tendon avec charge externe. Augmentation du volume et de la résistance. 4 à 6 semaines.


Phase 3 — Stockage d'énergie : exercices avec vitesse, rebonds légers, départs accélérés. Préparation au retour au sport. 4 à 6 semaines.


Phase 4 — Retour au sport : reprise sportive progressive avec les contraintes spécifiques à l'activité. Volume croissant sur 4 à 8 semaines.


Le dosage de l'exercice est essentiel à chaque étape. La règle : la douleur pendant l'exercice peut être présente (jusqu'à 3-4/10) à condition de revenir à un niveau normal dans les 24 heures qui suivent.


Ce que l'ostéopathie apporte au traitement tendineux


Les techniques manuelles seules ne guérissent pas une tendinopathie chronique. Mais elles jouent un rôle complémentaire utile :

Travailler les zones de tension musculaire en amont et en aval du tendon.

Un mollet chroniquement contracturé augmente la charge sur le tendon d'Achille.

Un quadriceps rigide augmente la tension sur le rotulien.


Identifier et corriger les facteurs mécaniques qui ont créé la surcharge : asymétrie de bassin, restriction de mobilité de cheville, déficit de force des abducteurs de hanche.

Ces facteurs doivent être traités pour éviter la récidive.

Gérer la douleur en phase aiguë pour permettre la reprise plus rapide des exercices thérapeutiques — la vraie priorité.


Les tendons et la région de Saint-Malo / Dinard


Les profils sportifs locaux présentent des tendinopathies très spécifiques à leurs pratiques :

Les coureurs du GR34 et des chemins côtiers : tendon d'Achille (descentes répétées, terrain irrégulier) et rotulien (accélérations fréquentes).

Les cyclistes de la côte d'Émeraude : épicondylite par saisissement du guidon sur longues distances, et parfois tendinopathie rotulienne si le réglage du vélo est inadapté.

Les pratiquants de sports nautiques (kayak, surf, voile) : coiffe des rotateurs soumise à des tractions répétées.


Questions fréquentes


Combien de temps faut-il pour guérir d'une tendinopathie ?


En moyenne 3 à 6 mois pour une tendinopathie chronique traitée correctement. Les tendons s'adaptent lentement — c'est leur biologie. Mais dans ce délai, il est souvent possible de maintenir une activité sportive adaptée.


Peut-on s'entraîner pendant le traitement ?


Oui, dans la grande majorité des cas. La modification de la gestion de la douleur à Saint-Malo passe justement par le maintien d'une charge adaptée, pas par l'arrêt.


Les anti-inflammatoires servent-ils pour les tendinopathies ?


Leur utilité est limitée dans les tendinopathies chroniques où l'inflammation est minime. Ils peuvent être utiles en phase aiguë initiale sur quelques jours. À long terme, ils ne traitent pas le problème de fond.


Les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) fonctionnent-elles ?


Les données sont encore nuancées. Certaines études montrent une accélération de la récupération, d'autres ne montrent pas de supériorité par rapport à la charge progressive seule.

C'est une option à discuter avec un médecin du sport si le traitement conservateur échoue.


Cabinet à Pleurtuit (35730), entre Saint-Malo et Dinard.



Florent Noyelle — Ostéopathe D.O. — DU Ostéopathie du Sport INSEP 2017 — Pleurtuit (35730)


Sources : Cook JL & Purdam CR, British Journal of Sports Medicine 2009 ; Alfredson H et al., American Journal of Sports Medicine 1998.


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2 Rue de la perrière, 35730 Pleurtuit

Tarif: 60 euros

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