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Progression des exercices en rééducation : les 3 phases clés

  • Photo du rédacteur: Florent Noyelle
    Florent Noyelle
  • 4 juin
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

sportive faisant ses exercices pour douleur à saint malo - Dinard

Un des problèmes les plus fréquents que je vois avec l'exercice thérapeutique : les gens font soit trop peu (ils s'arrêtent dès que ça tire un peu), soit trop vite (ils passent aux exercices intenses avant d'avoir consolidé les bases).

Dans les deux cas, la récupération traîne.


La progression structurée en trois phases change ça. Ce n'est pas compliqué — mais ça demande de comprendre pourquoi chaque phase existe.


Pourquoi progresser plutôt qu'accélérer


Les structures tissulaires — tendons, ligaments, cartilages, disques — s'adaptent plus lentement que les muscles et le système cardiovasculaire.

Un patient qui reprend les exercices après une blessure peut avoir l'impression de "tenir" alors que ses tendons ou ses disques ne sont pas encore capables d'absorber la charge.


La progression protège contre ce décalage.

Elle permet d'augmenter la charge de façon coordonnée, de façon à ce que tous les tissus aient le temps de s'adapter.


Le dosage de l'exercice est le point le plus sous-estimé de la rééducation. Ce n'est pas l'exercice en lui-même qui pose problème : c'est souvent la dose et la vitesse de progression.


Phase 1 — Contrôle et amplitude


Objectif : retrouver les mouvements sans douleur ou avec une douleur très légère (inférieure à 3-4/10).


Dans cette première phase, l'enjeu n'est pas la force ni l'endurance. C'est de retrouver les amplitudes articulaires, de reprendre conscience du mouvement, et de montrer au système nerveux que le mouvement est sûr.


Les exercices sont lents, contrôlés, avec peu de résistance. Ils peuvent sembler trop faciles. C'est souvent une bonne chose.


Exemples typiques selon la zone :

  • Pour le dos : mobilisations lombaires en position allongée, bascules de bassin

  • Pour l'épaule : pendulaires, rotations sans résistance

  • Pour le genou : extensions en position assise, mobilisations douces de rotule


La durée de cette phase varie selon la pathologie et l'histoire du patient. Tenter de la sauter parce qu'on "se sent bien" est la cause principale des rechutes précoces.


Phase 2 — Charge progressive et endurance


Objectif : renforcer les structures sous charge croissante, construire l'endurance locale.


Une fois l'amplitude récupérée et les mouvements de base bien tolérés, on peut commencer à solliciter les structures avec de la résistance.

Cette phase est souvent sous-estimée dans les protocoles courts — c'est pourtant elle qui prépare le retour à l'activité.


Les exercices deviennent plus exigeants en charge et en durée. On commence à travailler l'endurance musculaire locale, la stabilité sous charge, et les patterns fonctionnels (les mouvements qui ressemblent à ce que vous faites dans la vie ou dans votre sport).


La charge d'entraînement augmente progressivement — en général pas plus de 10 à 15 % par semaine pour les structures tendineuses.


Exemples :

  • Pour le dos : gainage progressif, travail des extenseurs lombaires avec charge

  • Pour l'épaule : renforcement excentrique de la coiffe, travaux avec élastique

  • Pour le genou : squats progressifs, step-ups, travaux à charge croissante


Phase 3 — Puissance et retour à l'activité


Objectif : récupérer les capacités sportives ou fonctionnelles spécifiques.


Cette phase prépare le retour aux contraintes réelles de votre activité. Elle intègre de la vitesse, de l'impact si nécessaire, des mouvements plus proches de ce que vous faites sur le terrain.


Pour un coureur : reprise de la course en interval fractionné avant de reprendre les sorties longues.


Pour un sportif de contact : retour progressif aux exercices avec partenaire, puis aux situations de jeu.


Pour un travailleur manuel : simulation des gestes professionnels avec charge croissante.


La reprise sportive ne peut pas être saine sans avoir traversé les phases précédentes.


Les signaux qui indiquent qu'on peut progresser


Passer d'une phase à la suivante n'est pas automatique. Voici les signaux que j'utilise en consultation :


La douleur pendant l'exercice est stable ou diminue sur plusieurs séances consécutives.


La douleur après l'effort (dans les 24 heures) reste inférieure à 3-4/10.

Le mouvement est contrôlé et symétrique.

Vous vous sentez en confiance dans les exercices de la phase en cours.


Si l'un de ces critères n'est pas rempli, on reste en phase.

Pas de panique — ce n'est pas un échec, c'est de la prudence.


Ce que je fais en consultation


Je prescris les exercices en consultation, adaptés à votre situation clinique et à votre mode de vie.


Un programme trop complexe que vous n'allez pas faire est inutile — un programme simple que vous faites régulièrement change l'issue.


Je revois aussi le programme à chaque consultation pour ajuster la charge et faire progresser les exercices.


C'est ce suivi qui permet de ne pas stagner ni de prendre de risque.


Pour éviter la rechute, la phase 3 doit idéalement se prolonger par un programme d'entretien — moins intensif, mais maintenu dans le temps.


C'est souvent la partie que les patients abandonnent en se sentant bien.

C'est là que les rechutes surviennent...


Questions fréquentes


Dois-je faire les exercices même si j'ai encore un peu mal ?


En phase 1 : si la douleur est légère (inférieure à 3/10) et ne s'aggrave pas après l'exercice, oui. En phase 2 et 3 : l'objectif est de travailler avec une douleur minime ou nulle.


Combien de fois par semaine ?


Ça dépend des exercices et de la phase. En général : 5 à 7 séances courtes par semaine sont plus efficaces que 2 séances longues. La régularité prime sur l'intensité.


Puis-je faire les exercices d'une app ou de YouTube ?


Les exercices génériques peuvent convenir pour la prévention mais je prescris toujours des exercices via l'application gratuite et professionnelle : Andrew.


En rééducation active, un programme adapté à votre situation précise est plus efficace et moins risqué.


Pour la gestion de la douleur à Saint-Malo, un suivi clinique fait la différence sur la durée.


Cabinet à Pleurtuit (35730), entre Saint-Malo et Dinard.



Florent Noyelle — Ostéopathe D.O. — DU Ostéopathie du Sport INSEP 2017 — Pleurtuit (35730)


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Tarif: 60 euros

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