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Éviter la rechute du dos : ce que la recherche dit vraiment

Photo du rédacteur: Florent Noyelle
Florent Noyelle
11 juin
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 oct.

sportif faisant des exercices pour son dos à saint malo et Dinard

La lombalgie récidive...


C'est l'un des faits les mieux établis en médecine : environ 60 à 80 % des patients ayant eu un premier épisode de lombalgie auront un ou plusieurs épisodes supplémentaires dans les cinq ans.


Pour certains, ça devient un cycle permanent.

Mais la rechute n'est pas une fatalité.


Il existe des facteurs modifiables bien identifiés par la recherche. Les connaître, c'est avoir les leviers pour agir.


Pourquoi le dos récidive


La première chose à comprendre : après un épisode douloureux, la structure ne "revient pas à zéro".

Plusieurs mécanismes persistent :


Le déconditionnement musculaire. La douleur inhibe les muscles stabilisateurs profonds (transverse, multifide). Même quand la douleur disparaît, ces muscles ne récupèrent pas spontanément leur recrutement normal. Ils restent moins réactifs, ce qui expose à une nouvelle surcharge.


La sensibilisation du système nerveux. Après un épisode douloureux, le système nerveux peut rester en état d'alerte. Le seuil de déclenchement de la douleur est abaissé, des sollicitations normales peuvent déclencher une réponse douloureuse disproportionnée.


Les croyances et comportements. Les croyances négatives sur le dos ("mon dos est fragile", "je dois éviter tout effort") modifient les comportements : moins d'activité, plus d'évitement, plus de déconditionnement.

Un cercle vicieux documenté.


Les 3 facteurs modifiables principaux


1. Le niveau d'activité physique


C'est le facteur le plus solide dans la littérature. Les personnes physiquement actives ont un risque de rechute significativement plus faible que les personnes sédentaires.

Pas besoin de sport intensif : marcher régulièrement, nager, faire du vélo, toute activité physique régulière qui maintient la capacité cardiovasculaire et la tolérance des structures.


La reprise sportive progressive après un épisode douloureux est un acte thérapeutique, pas juste un retour au plaisir.


2. Le renforcement ciblé des muscles stabilisateurs


La progression des exercices pour les muscles du tronc, transverse, multifide, muscles du plancher pelvien, est la stratégie la mieux documentée pour réduire les récidives de lombalgie.


Ces muscles assurent la stabilité locale de la colonne pendant les mouvements.

Quand ils ne font plus leur travail correctement, la colonne est exposée.


Attention : ce n'est pas "faire des abdominaux". Les muscles superficiels (grand droit) ne jouent pas le même rôle que les muscles profonds. Le travail doit être spécifique.


3. La gestion du stress et du sommeil


Les données sur ce point sont solides et souvent surprenantes pour les patients : le stress chronique et le manque de sommeil sont des facteurs de risque indépendants de rechute de lombalgie.


Ils maintiennent le système nerveux en état de sensibilisation et réduisent les capacités de récupération.


La récupération musculaire passe largement par la qualité du sommeil, un paramètre auquel les sportifs portent attention, mais que les patients lombalgiques négligent souvent.


Ce qui ne fonctionne pas pour prévenir les rechutes


Quelques idées reçues à déconstruire :

Porter une ceinture lombaire en permanence : utile ponctuellement pour un effort lourd, contre-productif au quotidien. Elle inhibe le recrutement musculaire profond et crée une dépendance.


Ménager systématiquement son dos pour tous les efforts : l'évitement entretient le déconditionnement et les croyances négatives. Le dos est fait pour être sollicité.


Faire des séances d'ostéopathie "de maintenance" sans exercice : les techniques passives seules ne préviennent pas les rechutes. L'actif est indispensable.


Ce que je fais en consultation pour éviter la rechute du dos


Quand un patient vient me voir pour un lumbago ou un épisode de dos aigu, je ne me limite pas à traiter l'épisode en cours. Je cherche à comprendre pourquoi il est là, et à construire avec lui une stratégie pour que le prochain épisode soit moins fréquent et moins intense.


Ça passe par une évaluation du niveau d'activité, du recrutement des stabilisateurs, des habitudes de vie. Et ça se traduit par un programme d'exercices concret que je réévalue au fil des séances.


La gestion durable de la douleur à Saint-Malo ne s'arrête pas à la disparition de la douleur aiguë. C'est là que le vrai travail commence.


Questions fréquentes


Combien de temps faut-il pour réduire le risque de rechute ?


Aucune durée fiable. L'exercice associé à des conseils réduit le risque d'un nouvel épisode (Steffens et al., 2016), sans qu'on sache combien de temps l'effet dure : restez actif.


Dois-je continuer les exercices même quand je n'ai plus mal ?


C'est précisément à ce moment-là qu'il ne faut pas s'arrêter. La douleur disparaît bien avant que les muscles stabilisateurs aient récupéré pleinement.


Est-ce que l'ostéopathie préventive "de maintenance" sert à quelque chose ?


Elle ne remplace pas le travail actif. L'exercice, lui, a montré un effet préventif sur la lombalgie (Steffens et al., 2016). Une séance ponctuelle sert à faire le point et à ajuster vos exercices ; des séances mensuelles sans activité entre-temps, je ne vous les conseille pas.


Mon dos "craque" souvent : c'est inquiétant ?


Isolés, sans douleur ni blocage, ces craquements sont des phénomènes articulaires normaux. S'ils s'accompagnent d'une douleur ou d'un blocage, parlons-en.


Cabinet à Pleurtuit (35730), entre Saint-Malo et Dinard.



Florent Noyelle, Ostéopathe D.O., DU Ostéopathie du Sport (DUOS), STAPS Nanterre et Ostéobio, en partenariat avec l'INSEP, Pleurtuit (35730)


Sources : Stanton TR et al., European Spine Journal 2008 ; Hayden JA et al., Annals of Internal Medicine 2005.


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Tarif: 60 euros

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